Une entreprise saine et peu endettée, c'est rassurant. Mais on n'investit pas pour le passé : on parie sur l'avenir. La question devient donc : les ventes montent-elles, ou l'affaire tourne-t-elle en rond ?
Pour la boutique, c'est limpide : elle vendait 18 millions l'an dernier, 20 millions cette année, soit +11 %. Mais la vraie question vient juste après : gagne-t-elle plus ?
Ce qui grandit (ou pas)
On suit l'évolution de quatre repères dans le temps. Le chiffre d'affaires mesure la croissance des ventes. L'EBITDA (le cash que dégage l'activité) et le résultat net disent si cette croissance se transforme bien en profits, car vendre plus en gagnant moins n'aurait aucun sens. Le BPA (bénéfice par action) ramène enfin ce bénéfice à chaque action.
Régularité plutôt qu'exploit
Une croissance régulière sur plusieurs années vaut mieux qu'un bond spectaculaire suivi d'une rechute. Méfiez-vous d'un chiffre d'affaires qui grimpe sans que le résultat net suive : si la boutique passe de 18 à 20 millions de ventes mais que le bénéfice reste bloqué à 2 millions, la croissance coûte plus qu'elle ne rapporte.
Attention aussi au BPA. Le bénéfice est un gâteau, et chaque action en est une part. Si l'entreprise crée de nouvelles actions, le gâteau se découpe en plus de parts : la vôtre peut rétrécir même quand il grossit. C'est la boutique qui ferait entrer de nouveaux associés : le même bénéfice se partage entre plus de mains. Il faut donc regarder les deux, le bénéfice et le nombre d'actions.
Ce que la croissance ne dit pas
La croissance ne dit rien du prix que vous la payez : une affaire qui grandit vite peut être trop chère, et nous voilà revenus au premier volet. Elle ne dit rien non plus de la façon dont elle est financée : acheter une deuxième voiture à crédit fait grossir le business de taxis, mais sa dette grossit avec, retour au volet solidité. Reste alors une dernière question, la plus personnelle : au fond, qu'est-ce que tout cela représente pour vous, actionnaire ? C'est l'objet du dernier volet.
À retenir. La croissance ne vaut que si elle se traduit en profits, régulièrement. Les définitions et formules sont dans le glossaire Fiducy ; l'évolution de ces chiffres est tracée sur chaque fiche valeur.
