D'où viennent nos fondamentaux

Les chiffres affichés sur les fiches valeur ne sont pas achetés à un fournisseur : ils sont lus dans les états financiers publiés par les sociétés, puis recalculés.

La source

Chaque société cotée à la BRVM publie ses états financiers : bilan, compte de résultat, et l'exercice précédent en colonne de comparaison. Ce sont ces documents, tels que déposés sur le site de la Bourse, que nous lisons. Nous en conservons les postes comptables un par un — chiffre d'affaires, stocks, capitaux propres, dettes — avant d'en tirer le moindre ratio.

La différence est importante : un indicateur seul ne se vérifie pas et ne se recalcule pas. Un poste comptable, si. Quand une formule évolue ou qu'un nouveau ratio est ajouté, nous n'avons pas à retourner lire les documents.

L'unité de compte

Un même bilan peut être imprimé en francs, en milliers ou en millions de FCFA selon la société et selon l'année. C'est l'erreur la plus dangereuse à commettre, parce qu'elle est invisible de l'intérieur : multipliez tout un bilan par mille, il reste équilibré, les marges sont justes et tous les ratios internes tombent juste. Seule une comparaison avec une grandeur connue par ailleurs révèle le décalage.

L'unité annoncée en tête de document est donc traitée comme une hypothèse, pas comme un fait. Elle est confrontée à cinq repères indépendants — chiffre d'affaires, résultat net, EBITDA, capitaux propres et trésorerie déjà connus pour cette société — et à la continuité de sa propre série. Quand ces repères contredisent l'en-tête, ce sont eux qui tranchent.

Deux normes comptables

Les sociétés de la zone UEMOA publient soit selon le référentiel SYSCOHADA, la norme régionale, soit selon les normes IFRS, la norme internationale. Ce n'est pas un détail de présentation : un bilan IFRS inscrit à l'actif les droits d'usage des biens loués, ce que le SYSCOHADA ne fait pas. À activité rigoureusement identique, le total du bilan peut ainsi bouger de plus de 10 % le jour où une société change de norme.

Concrètement : quand un émetteur bascule, ses ratios de structure — liquidité, endettement, valeur comptable par action — présentent une marche cette année-là. Ce n'est ni une erreur de donnée ni un événement d'entreprise. Son compte de résultat, lui, reste comparable d'un bout à l'autre de la série. Nous signalons ces ruptures sous le tableau des fondamentaux de la fiche valeur concernée, avec l'année où elles ont lieu.

Les ratios de liquidité sont calculés selon la norme du document : un bilan IFRS classe lui-même ses postes en courant et non courant, un bilan SYSCOHADA suit une autre logique. Appliquer une formule à la norme de l'autre produit des résultats faux et pourtant crédibles — c'est précisément ce qu'il faut éviter.

Les vérifications

Un exercice est rarement lu une seule fois : il apparaît dans son propre rapport, puis revient en colonne de comparaison dans les publications des années suivantes. Ces lectures indépendantes sont confrontées entre elles, et un nouveau rapport n'alimente les séries publiées que si sa colonne comparative s'accorde avec ce que nous avons déjà en base pour l'année précédente. Sinon, il attend une relecture humaine.

Les états semestriels et trimestriels sont conservés eux aussi, mais ils n'entrent pas dans les indicateurs annuels : mélanger un semestre à une série d'exercices complets fausserait toute comparaison.

Ce que cela ne dit pas

Cette méthode garantit la fidélité au document publié, pas la pertinence de ce document. Nous ne retraitons pas les comptes, ne corrigeons pas les éléments exceptionnels et ne portons aucun jugement sur les choix comptables de l'émetteur. Les indicateurs Fiducy sont un point de départ pour votre analyse, pas un conseil en investissement.

Une valeur vous semble douteuse ? [email protected] — chaque chiffre est rattaché à son document d'origine, la vérification est rapide.