- +4,2 %performance médiane des 47 actions
- 46 %de la hausse de capitalisation due à Sonatel seule
- 164 MdsFCFA échangés, +64 % sur le trimestre précédent
Le troisième trimestre 2026 est le plus fort de l'année. Le BRVM Composite gagne 21,0 %, de 453,21 à 548,38 points, après +18,1 % au premier trimestre et +11,0 % au deuxième. Dans notre historique, qui remonte à 2005, un seul trimestre fait mieux : le deuxième de 2007 (+23,8 %).
Le chiffre de tête cache pourtant un marché très différent de celui du premier semestre. En juin, 44 actions sur 47 étaient en hausse depuis janvier et la performance médiane atteignait 42 %. Ce trimestre, 27 actions montent et 20 baissent, et la médiane plafonne à +4,2 %. L'indice accélère ; la cote, elle, avance beaucoup plus lentement.
La trajectoire
Le trimestre s'est joué en trois mois très inégaux. Juillet ouvre à +6,5 %, août est le mois le plus vigoureux (+10,0 %, 37 hausses pour 8 baisses), septembre ralentit à +3,3 % avec la séance du mercredi 23, la plus mauvaise de l'année (−3,66 %). Le Composite avait touché son plus haut historique le 14 septembre, à 555,90 points ; deux séances après le krach, il était déjà revenu au-dessus de son niveau de la veille.
| Indicateur | Juillet | Août | Septembre | Trimestre |
|---|---|---|---|---|
| BRVM Composite | +6,5 % | +10,0 % | +3,3 % | +21,0 % |
| BRVM 30 | +8,3 % | +11,2 % | +4,0 % | +25,2 % |
| BRVM Prestige | +1,6 % | +9,7 % | +4,7 % | +16,6 % |
| BRVM Principal | +11,2 % | +6,8 % | −2,1 % | +16,2 % |
| Actions en hausse / en baisse | 24 / 23 | 37 / 8 | 13 / 34 | 27 / 20 |
| Capitaux échangés | 45,4 Mds | 47,9 Mds | 70,8 Mds | 164,1 Mds |
Deux titres font les deux tiers de la hausse
La capitalisation des actions a progressé d'environ 3 578 milliards FCFA sur le trimestre. Sonatel en apporte 1 650 milliards, soit 46 % : son cours ajusté gagne 57,9 %, porté en septembre par un mois à +23 %. Orange Côte d'Ivoire ajoute 716 milliards (+28,4 %). À elles deux, les deux télécoms comptent pour deux tiers de la richesse créée sur la cote en trois mois.
C'est ce qui explique l'écart entre les indices. Le BRVM 30, où les grandes capitalisations pèsent le plus, prend 25,2 %. Le BRVM Principal, qui les exclut, se limite à 16,2 % et recule en septembre. Un portefeuille équipondéré de la cote aurait connu un trimestre honorable, très loin des 21 % affichés.
La rotation sectorielle continue
Au premier semestre, les industrielles figuraient parmi les meneurs (+67 %) et les télécoms fermaient la marche (+13 %). Le troisième trimestre inverse le mouvement : les télécoms passent en tête, les industrielles font du surplace.
| Secteur | 1er semestre | 3e trimestre | Depuis janvier |
|---|---|---|---|
| Télécommunications | +12,9 % | +42,7 % | +61,1 % |
| Services financiers | +42,7 % | +18,9 % | +69,7 % |
| Services publics | +120,0 % | +17,9 % | +159,4 % |
| Énergie | +47,9 % | +2,6 % | +51,8 % |
| Industriels | +67,3 % | +0,7 % | +68,4 % |
| Consommation de base | +32,7 % | −6,9 % | +23,5 % |
| Consommation discrétionnaire | +21,8 % | −7,2 % | +13,0 % |
Les valeurs financières confirment le relais pris au deuxième trimestre : la médiane des seize titres du secteur gagne 11 %, contre une baisse de 11 % pour la médiane des industrielles. La consommation, de base comme discrétionnaire, rend une partie de ses gains du semestre.
Palmarès du trimestre
Les meneurs du trimestre ne sont plus ceux du semestre. Trois banques figurent parmi les cinq premiers, et plusieurs vedettes du printemps reculent nettement : Setao, deuxième meilleure performance du semestre (+168 %), rend 35 % ; Sucrivoire, première du semestre (+210 %), perd 14 %.
| Valeur | 3e trimestre |
|---|---|
| Sicor | +82,6 % |
| Ecobank Transnational | +67,5 % |
| Sonatel | +57,9 % |
| BIIC Bénin | +51,9 % |
| BOA Burkina Faso | +40,2 % |
| Sucrivoire | −13,8 % |
| Unilever CI | −14,6 % |
| Erium | −20,0 % |
| Sicable | −24,6 % |
| Setao | −35,2 % |
Dernière arrivée, Bridge Bank Group a été introduite le 24 septembre au prix de 6 750 FCFA. Quatre limites hautes plus tard, elle termine le trimestre à 9 000 FCFA, 33 % au-dessus du prix de l'offre. Elle n'entre pas dans les statistiques du trimestre, faute de cours au 30 juin.
Liquidité : un trimestre record
164 milliards FCFA ont été échangés sur les actions en 64 séances, contre 100 milliards au deuxième trimestre et 67 milliards au troisième trimestre 2025. C'est le montant trimestriel le plus élevé depuis au moins 2018 dans nos données. Septembre pèse à lui seul 71 milliards, gonflé par la séance du 23 et par l'arrivée de Bridge Bank.
La liquidité reste concentrée : Sonatel représente 22 % des capitaux échangés du trimestre (35,7 milliards), devant Société Générale CI (8 %), Ecobank Transnational (5,5 %), BOA CI et BIIC Bénin. Ecobank Transnational est le mouvement le plus net : son montant médian échangé par séance a plus que doublé en trois mois.
Le marché a aussi été plus nerveux : 117 séances en limite de cours (70 hautes, 47 basses), contre 105 au deuxième trimestre.
Dividendes : vingt détachements
Le troisième trimestre a compté vingt détachements (sept en juillet, sept en août, six en septembre), de BICI CI le 3 juillet à Servair le 29 septembre, avec les dividendes les plus élevés chez Société Générale CI (2 299 FCFA), Solibra (1 872 FCFA) et SITAB (1 707 FCFA). Réinvestis, ils portent la performance du trimestre de 21,0 % à 23,0 %, et celle de l'année de 58,6 % à 65,9 %.
Dette souveraine : 2 256 milliards levés, le Sénégal au coude à coude avec la Côte d'Ivoire
Fiducy suit désormais le marché primaire des titres publics de l'UEMOA, opération par opération, à partir des publications d'UMOA-Titres. Au troisième trimestre, les huit États ont réalisé 39 opérations d'émission et retenu 2 256 milliards FCFA, pour 3 664 milliards de soumissions. C'est moins qu'au deuxième trimestre (46 opérations, 2 630 milliards).
| État | Opérations | Retenu (Mds FCFA) | Couverture | Part des non-résidents |
|---|---|---|---|---|
| Côte d'Ivoire | 8 | 694 | 1,79 | 19 % |
| Sénégal | 7 | 660 | 1,32 | 59 % |
| Mali | 7 | 366 | 1,37 | 46 % |
| Burkina Faso | 7 | 326 | 2,00 | 25 % |
| Togo | 3 | 71 | 3,37 | 80 % |
| Guinée-Bissau | 5 | 70 | 2,71 | 70 % |
| Bénin | 2 | 55 | 2,37 | 66 % |
| Niger | 1 | 14 | 1,00 | 77 % |
Trois constats ressortent.
Le Sénégal lève presque autant que la Côte d'Ivoire, pour une économie bien plus petite, et il le fait en grande partie avec l'épargne de ses voisins : 59 % des montants retenus viennent de soumissionnaires installés hors du Sénégal. La couverture de ses opérations reste la plus faible des grands émetteurs (1,32). Son taux à un an sur la courbe lissée termine le trimestre à 7,45 %, et l'écart avec la Côte d'Ivoire se resserre légèrement, de 287 points de base fin juin à 256 fin septembre ; il s'élargit en revanche à trois ans (+33 points de base pour le Sénégal sur le trimestre).
Le Burkina Faso emprunte à un an moins cher que la Côte d'Ivoire. Son bon à douze mois est ressorti à 3,70 % le 23 septembre, contre 4,06 % pour celui de la Côte d'Ivoire le 29. Sur la courbe lissée, son taux à un an recule de 140 points de base sur le trimestre. Ses opérations sont couvertes deux fois, et à 75 % par des soumissionnaires burkinabè.
L'épargne ivoirienne finance l'Union. Les soumissionnaires installés en Côte d'Ivoire ont obtenu 792 milliards FCFA sur l'ensemble des opérations du trimestre, davantage que tout ce que l'État ivoirien a lui-même emprunté (694 milliards, dont 81 % souscrits sur place).
Le détail par État, courbe des taux, historique des adjudications et provenance des souscripteurs, est en accès libre sur les pages Courbe des taux et Dette souveraine par État.
Un trimestre record pour l'indice, mais étroit : deux télécoms font les deux tiers de la hausse, la médiane des actions ne prend que 4 %, et sur le marché de la dette, l'Union continue de financer le Sénégal à un prix élevé.
Pour aller plus loin
Ce bilan est tiré de la première édition trimestrielle de Fiducy Recherche, 25 pages : liquidité et coût de sortie titre par titre, limites de cours, détachements, valorisation, courbes des taux et adjudications par État, provenance des souscripteurs, notations émetteurs et rendement total, avec le détail mois par mois. Elle est offerte : elle se télécharge ci-dessous avec un compte Fiducy, gratuit.
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Méthodologie. Performances calculées sur cours ajustés, du 30 juin au 30 septembre 2026, sur les 47 actions cotées sur tout le trimestre ; Bridge Bank Group, introduite le 24 septembre, est mesurée depuis le prix de l'offre. Les jours fériés, stockés comme des copies de la séance précédente, sont écartés des comptes de séances et des montants échangés ; les montants du deuxième trimestre sont recalculés selon la même règle. Historique trimestriel du Composite depuis 2005, montants échangés comparés depuis 2018. Contribution à la hausse : variation de capitalisation (cours non ajusté × nombre de titres). Limites : variation de clôture à clôture d'au moins 7,35 %, hors détachement. Indices sectoriels : indices officiels BRVM. Dette souveraine : adjudications et courbes des taux publiées par UMOA-Titres, reproduites à titre indicatif ; courbes lissées au 26 juin et au 25 septembre 2026 ; émissions réalisées entre le 1er juillet et le 30 septembre ; couverture = soumissions / montant mis en adjudication ; part des non-résidents d'après les comptes rendus d'adjudication (lieu de soumission).
Ce document est descriptif : il ne constitue pas un conseil en investissement et ne comporte aucune recommandation d'achat ou de vente.
